Le 25 avril 2015, le Népal était frappé par un séisme d’une magnitude de 7,8 sur l’échelle de Richter, suivi le 12 mai d’une réplique d’une magnitude de 7,3 et de 421 autres secousses, au moins de magnitude 4, dans la vingtaine de jours qui ont suivi.  Un séisme majeur, c’est le moins qu’on puisse dire.

Séisme au Népal

Vallée de Katmandou

Bilan : entre 8 000 et 9 000 morts selon l’ONU, 15 000 blessés, 400 000 personnes déplacées, des centaines de milliers de maisons détruites, des villages rayés de la carte et une bonne partie du patrimoine culturel anéantie ou largement endommagée.

À l’époque, le séisme a fait la une des médias de la planète entière. Puis, la nouvelle est tombée dans l’oublie. Le Népal s’est retrouvé face à une lourde tâche, celle de se reconstruire, à l’abri des regards du monde.

Contexte

Le Népal est situé dans une zone sismique importante. C’est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Il ne faut donc pas se surprendre du fait que les bâtiments qui y ont été construits ne sont pas conformes aux normes antisismiques modernes.

Le précédent tremblement de terre d’importance s’est produit en 1934. Il a fait 10 000 morts et provoqué d’énormes dégâts matériels dans la vallée de Katmandou. La reconstruction a été longue. Aucune mesure particulière n’a été envisagée pour amoindrir les effets de tels séismes dans le futur. Manque de vision, faute de moyens ! La catastrophe était pourtant inévitable, selon les experts. Ce n’était qu’une question de temps. Le Népal était fort mal préparé pour y faire face.

Début chaotique

La première année a été franchement chaotique. La reconstruction a connu des lenteurs inadmissibles, obligeant les populations sinistrées privées de tout à vivre dans des camps de fortune. Récoltes détruites, malnutrition, manque de médicaments, manque d’eau potable… la liste est longue. Malgré les 4 milliards de dollars promis par la communauté internationale, le pays a tardé à entreprendre les travaux de manière organisée. Les facteurs pouvant expliquer cette lenteur sont multiples.

Nouvelle constitution

Le Népal est reconnu pour son instabilité politique. La corruption y est endémique. Après une guerre civile qui a duré 10 ans, la monarchie a été abolie et la république a été proclamée. Les travaux d’une Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution ont piétiné pendant 10 ans. Il aura fallu une catastrophe naturelle, qui a paralysé le gouvernement en place, pour que les partis politiques finissent par s’entendre sur une nouvelle constitution, laquelle a été promulguée en septembre 2015, soit cinq mois après le séisme. Sa légitimité a été contestée par les populations de la plaine du TeraÏ au sud du Népal. Craignant devenir minoritaires sur leur propre territoire, suite au nouveau découpage du pays en sept provinces, elles ont organisé une grève générale qui a donné lieu à des actes de violence, durement réprimés patr les forces de l’ordre.

Blocus commercial

Pour infléchir la politique du gouvernement, les populations du Teraï, avec la connivence de l‘Inde, ont bloqué le principal poste frontalier indo-népalais, par lequel transite 90% du commerce, notamment les produits pétroliers. Conséquence : pénurie de carburants et de combustibles, paralysie des transports de marchandises, difficulté à acheminer l’aide alimentaire aux sinistrés ainsi que les matériaux nécessaires à la reconstruction. Le blocus a pris fin en février 2016.

Gouvernance attentiste

Alors que des fonds étaient déjà disponibles, le gouvernement a mis 4 mois à mettre sur pied l’Autorité nationale de reconstruction. Ce qui a retardé la distribution de l’aide financière aux familles sinistrées. Empêtrée dans la rédaction des normes administratives de reconstruction devant être respectées pour toucher les indemnités et les subventions promises, la bureaucratie a ralenti les efforts des populations locales et les projets de reconstructions amorcés par les agences humanitaires sur place.

Main-d’œuvre insuffisante

Face à l’ampleur de la tâche, on a dû constater une pénurie de maçons qualifiés capables de reconstruire des maisons antisismiques. Le gouvernement a reconnu l’urgence de programmes de formation mais le budget manquait pour soutenir un tel effort dans des délais raisonnables. Plusieurs ONG ont mis les mains à la pâte et sont parvenues à former des maçons mais la tâche reste immense.

Bientôt deux ans

Vers le milieu de 2016, la reconstruction s’est remise en place de manière plus ordonnée, mais des lenteurs persistent. La population s’est remise à l’œuvre avec les moyens du bord pour rebâtir l’économie vivrière afin de survivre. L’activité touristique, stoppée par les conséquences du séisme, reprend tranquillement ses droits. Les randonneurs recommencent à fréquenter les pistes de trekking. Il s’agit d’une source importante d’entrée de devises étrangères capitale pour l’économie du Népal.

Malgré les nombreux défis qui restent à aplanir, la population népalaise serait aujourd’hui à l’abri, selon certains directeurs d’ONG en place. Il n’y aurait plus d’urgence humanitaire à l’heure actuelle. Néanmoins, la reconstruction est loin d’être terminée. Environ 200 000 familles vivraient encore dans des abris temporaires. On estime à plusieurs années, le délai nécessaire à la finalisation de la reconstruction des maisons et des bâtiments commerciaux et administratifs. Ce qui exclue les travaux de restauration du patrimoine culturel. Toutefois, loin des villes et des villages de la vallée de Katmandou, perdus dans les montagnes, les habitants sembleraient encore livrés à eux-mêmes.

Le deuxième anniversaire du séisme approche. Les médias vont sans doute recommencer à s’agiter. Le Népal étant le Népal, qu’y découvrirons nous ?

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nuit-nomade-4_thumb« Le cœur est heureux chez lui ». Est-ce là la dernière étincelle, le dernier souffle d’un mode de vie qui s’éteint alors que partout, la modernité aspire inexorablement les dernières communautés restées à sa marge ?

La Nuit Nomade, un film documentaire fascinant de Marianne Chaud, nous conduit au sein d’une communauté nomade vivant sur les hauts plateaux himalayens à 4 500 m d’altitude.

Pour l’amoureux de l’Himalaya que je suis, le visionnement de ce film fut une expérience empreinte d’émotion.

D’abord, en raison des images captivantes montrant le quotidien d’une petite communauté nomade du Karnak vivant dans des conditions extrêmement rudes au cœur des vastes espaces dénudés absolument sublimes du Ladakh.

Mais aussi à cause des dialogues, sous-titrés car la réalisatrice parle la langue de la région, nous faisant partager les inquiétudes des nomades, lesquelles constituent le propos essentiel du documentaire. Que devons-nous faire ? Rester ou partir ? Dans un cas comme dans l’autre, que deviendrons-nous ?

Ici, point de grands concepts pour exprimer l’ambivalence, le désarroi face à l’avenir. Les mots viennent du cœur et expriment le déchirement avec une authenticité qui ne cesse de nous interpeler.

Les valeurs traditionnelles partagées par les membres de cette communauté du Karnak y sont exposées en toute simplicité : l’attachement au terroir, à la communauté, à la famille, aux chèvres et aux yacks qui constituent leur principal moyen de subsistance; l’indépendance et la liberté qu’offre la vie nomade. « Ici, nous sommes indépendants grâce à nos chèvres. Là-bas, nous serons les serviteurs des autres », dit Kenrap.

On y observe aussi le clivage qui s’opère entre les générations sous l’impulsion de nouvelles valeurs qui voyagent désormais jusqu’ici : l’attrait d’une vie moins rude à la ville, une meilleure instruction pour les enfants, une plus grande sécurité pour les aînés. « Le savoir est la clé du bonheur », admet Tundup.

Le documentaire appelle à la réflexion. Le questionnement devient nôtre. L’incertitude nous happe de plein fouet. Que ferions-nous ? À l’instar des nomades, nous ressentons la brisure. Autant les paysages grandioses de ce milieu de vie sont époustouflants de beauté, autant notre immersion dans leur quotidien donne le frisson tellement les conditions de vie y sont rudes. Surtout à la saison froide. Nous voilà au cœur du drame ! Difficile de rester indifférent.

« Ça nous plaît beaucoup que tu parles notre langue, dira Tundup. Tu me conseillerais de rester ou de partir ? Maintenant que nous sommes amis, tu dois me dire ». Présentant des rencontres d’une rare intimité, ce documentaire n’aurait pas été possible sans la maîtrise par la réalisatrice de la langue des nomades. Non plus que par sa capacité à établir une relation de proximité avec ceux que l’on désignera avant longtemps… les derniers nomades. Ce documentaire deviendra sans doute une référence sur la fin annoncée du nomadisme.

Bande-annonce du film

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Depuis plusieurs années, des milliards de yuan ont été dépensés par les autorités chinoises au Tibet. La politiques de développement mise de l’avant a amélioré les infrastructures de transport et permis la construction d’écoles et d’hôpitaux. Elle a favorisé la croissance du commerce et l’implantation d’industries. Elle a aussi entraîné une exploitation accrue des ressources naturelles, une modernisation de l’agriculture, un accroissement du tourisme et la création de nouveaux emplois. Pourtant, cette croissance n’est pas parvenue à apaiser les tensions entre Tibétains et Chinois, comme l’avaient envisagé les autorités chinoises. Bien au contraire. Pourquoi ?

Qu’est-ce qui se passe au Tibet ?

Selon Robert Barnett, directeur du programme d’études sur le Tibet moderne à l’université Columbia à New York, la contestation s’est non seulement répandue géographiquement dans les anciennes régions tibétaines annexées aux provinces chinoises adjacentes, elle s’est aussi étendue à des classes sociales plus variées. Elle change également de visage en s’exprimant de plus en plus par des gestes de désespoir, les immolations publiques, alors qu’il ne semble plus y avoir d’autres moyens possibles pour revendiquer de l’intérieur, une plus grande autonomie culturelle pour assurer la survie de la langue et de la culture tibétaine.

Le développement… oui mais !

L’annexion du Tibet par la Chine a d’abord été ressentie par les Tibétains comme une menace à leur culture. Leur langue, leur religion, leurs traditions perdaient leur suprématie sur leur propre territoire. Selon Françoise Robin, membre du Centre de recherche sur les civilisations chinoise, japonaise et tibétaine, il faut comprendre que le développement économique du Tibet profite d’abord aux Han, l’ethnie majoritaire en Chine, omniprésente dans les affaires, le commerce, le tourisme et l’exploitation des ressources. Les leviers économiques du développement ont échappé aux Tibétains. Cette exclusion a sans doute été le principal vecteur du soulèvement à Lhassa en 2008.

L’aliénation des Tibétains

La sédentarisation massive et forcée de milliers de nomades des hauts plateaux du Changthang a aggravé la situation. Vivant depuis toujours en étroite harmonie avec leur environnement, comme éleveurs de yacks, de chèvres et de moutons, ils sont de plus en plus nombreux à être cantonnés de force dans des maisons préfabriquées installées les unes à côté des autres au sein de villages artificiels construits de toutes pièces. Les anciens nomades éprouvent des difficultés à trouver de l’emploi et doivent souvent compter sur les subsides de l’État pour survivre. C’est tout un mode de vie ancestral qui est en train de disparaître.

Si la langue tibétaine est officiellement protégée par les lois chinoises, dans les faits, les Tibétains ne peuvent profiter du développement s’ils ne parlent pas le chinois. Il en va de même pour la liberté de culte qui est garantie par la constitution. À la vérité, les monastères et les moines sont étroitement surveillés. Le nombre de moines et l’âge d’entrée au monastère sont régulés par le pouvoir chinois. Fidèles au dalaï-lama, leur chef spirituel, les moines sont régulièrement soumis à des campagnes de rééducation patriotique. Si dans l’histoire, les monastères ont souvent rivalisé entre eux et se sont laissés emporter dans toutes sortes d’excès, ils ont néanmoins été les piliers de la culture tibétaine. Ils sont devenus des centres d’enseignement, non seulement de la religion, mais aussi de la philosophie, des lettres, des arts et de la médecine traditionnelle. Les monastères constituent donc un creuset important pour le maintien et la survie de la culture tibétaine. Les Chinois l’ont vite compris. Ils ont pratiquement mis les monastères sous tutelle.

Il n’est alors pas surprenant que les moines tibétains prennent le plus souvent une part active dans les mouvements de contestation. Souvent perçus par les autorités chinoises comme le fer de lance de la contestation, les moines sont souvent les premiers à subir les foudres des forces policières et militaires qui quadrillent étroitement l’ensemble des régions à forte concentration tibétaine.

Les mesures répressives visant à contenir les manifestations et à isoler le Tibet, sans aucune préoccupation pour le respect élémentaire des droits humains, alimentent davantage la frustration des Tibétains, qui craignent désormais l’assimilation pure et simple puisque toutes les avenues pour revendiquer leurs droits leur apparaissent bloquées. C’est un engrenage sans fin qui dure depuis plus de 50 ans. Aujourd’hui, l’aliénation des Tibétains est à la fois culturelle, sociale et économique.

Incompréhension, intention délibérée, autoritarisme défensif ?

Comment comprendre l’intransigeance du régime chinois face aux revendications tibétaines, exprimées par le dalaï-lama. Ce dernier demande, non pas la séparation ni l’indépendance du Tibet, mais une plus grande autonomie culturelle à l’intérieur de la Chine, assortie d’un retour aux frontières historiques du grand Tibet ethnique ?

Certes, la stature et la popularité du dalaï-lama au sein de la communauté internationale et ses prises de position sur toutes les tribunes agacent les autorités chinoises en montrant les écarts peu reluisants du régime à l’égard du respect des droits humains et des principes démocratiques, alors même que la Chine aspire à devenir la première puissance mondiale. La Chine exige de ses minorités une obéissance servile et muette. Or le saint homme, tout en étant un apôtre de la non-violence, peut s’avérer un garnement bien peu docile lorsqu’il est question d’affranchir son peuple.

Dans l’état actuel des choses, est-il concevable que la Chine puisse envisager de reconduire les frontières historique du Tibet, sans perdre la face ? Toutefois, que signifierait une plus grande autonomie culturelle pour la Région autonome du Tibet, qui n’a à vrai dire rien d’autonome autrement que sur papier, alors qu’une majorité de Tibétains vivent en dehors de ce Tibet factice redessiné unilatéralement par la Chine.

Les autorités chinoises ont déjà annoncé qu’elles désigneraient elles-mêmes le prochain dalaï-lama. La mort du dalaï-lama, présentement âgé de 76 ans, risque de ne pas être la solution espérée par la Chine. Le Tibet hors frontière a changé. Le dalaï-lama a renoncé récemment à son pouvoir temporel. Le Gouvernement du Tibet en exil, installé à Dharamsala en Inde, est désormais administré par un Premier ministre élu par la diaspora tibétaine. En outre, par respect pour le dalaï-lama, une forte proportion de la jeunesse tibétaine tempère son action qui se voudrait beaucoup plus radicale. À la vérité, plusieurs ne croient plus à la voie du milieu, axée sur la revendication non-violente de la souveraineté culturelle du Tibet, qu’il préconise. Où logera cette jeunesse impétueuse et radicale lors du départ du grand homme.

En martelant haut et fort sur toutes les tribunes que la « clique du dalaï-lama » est l’ennemi de la Chine parce qu’il prône l’indépendance du Tibet, le régime chinois actuel s’est « peinturé dans le coin ». Il s’est tellement commis qu’il lui est désormais difficile de faire marche arrière.

Les Tibétains paient le prix fort pour sauvegarder leur culture. Leur résilience est exemplaire. Leur sacrifice est méritoire car une culture qui meurt est un appauvrissement pour l’humanité. Il importe d’éviter le pire. Un changement de la garde en Chine, provoqué par un printemps chinois ou l’éclatement du Parti unique sous la pression de jeunes loups libéraux qui attendent impatiemment le bon moment dans les antichambres du pouvoir, pourrait peut-être faire la différence. Qui sait ?

À lire 

Courrier international | Hindoustan Times
Le nouvel Observateur | Pourquoi les Tibétains s’immolent par le feu
Mars-Avril 2008 : que s’est-il passé au Tibet ?
Le Monde | Les immolations et les manifestations continuent dans les régions tibétaines

Vivre avec plusieurs épouses ou plusieurs maris était depuis des siècles chose courante au Bhoutan, petit royaume perdu dans l’Himalaya, mais le mariage du souverain avec une seule reine et l’idée nouvelle d’amour conjugal signent la fin de la polygamie, estiment des chercheurs.

Le pays, qui se targue d’être « le pays du bonheur », est longtemps resté coupé du monde pour préserver ses traditions bouddhistes ancestrales mais il n’a pu empêcher l’arrivée d’une modernité se propageant surtout par la télévision, seulement autorisée depuis 1999.

Lire la suite… L’Obs

Le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies au Népal et la Commission nationale Dalit népalaise ont salué, mercredi, l’adoption par le Parlement du Népal d’une nouvelle loi contre la discrimination fondée sur la caste et l’intouchabilité qui interdit la discrimination envers ceux considérés comme appartenant aux basses castes et hors castes, appelés les « Dalits » ou les « intouchables ».

Le système de castes a été officiellement aboli par le Gouvernement népalais en 1964. Il aura fallu 47 ans pour corriger une législation de toute évidence inopérante dans les faits. Que peut-on espérer maintenant ?

À l’heure où le Dalaï Lama se retire de la vie politique pour laisser aux élus formant le Gouvernement du Tibet en exil, tout l’espace nécessaire pour décider démocratiquement des moyens à mettre en œuvre pour assurer la survie de la culture tibétaine, la « voie du milieu » qu’il préconisait  pour obtenir une plus grande autonomie culturelle pour la Région autonome du Tibet au sein même de la Chine résistera-t-elle au courant plus radical  d’une partie de la jeunesse tibétaine qui souhaite l’indépendance pure et simple du Tibet ?

À moins d’un revirement politique majeur en Chine, il est vraisemblable que le Parti communiste ne se laissera pas dicter la conduite à tenir face à une région qu’il considère partie intégrante de la mère-patrie depuis le XIIIe siècle. D’autant plus que la communauté internationale, tout en se montrant favorable à une plus grande autonomie culturelle pour le Tibet, reconnaît de facto l’appartenance du Tibet à la Chine, indépendamment des fondements historiques controversés sur cette question.

L’enjeu est capital. La revendication de l’indépendance du Tibet accentuera le clivage au sein même de la communauté tibétaine et laisse présager de fortes tensions qui risquent d’embraser la Région autonome du Tibet (qui n’a d’autonome que le nom) et les provinces chinoises limitrophes à forte concentration tibétaine. Ces tensions auront inévitablement des répercussions en Inde qui abrite le Gouvernement du Tibet en exil de même qu’une grande partie de la diaspora tibétaine et enfin au Népal où vivent de nombreux réfugiés tibétains. Alors même que les tensions et revendications territoriales  sont omniprésentes dans la région himalayenne dominée par trois puissances nucléaires.

Souhaitons que l’Himalaya, la demeure des dieux, ne deviennent pas l’enfer des hommes.

La retraite du dalaï lama divise les Tibétains

Tenzing Gyatso, XIVe Dalaï Lama  © Topham Pictures

Tenzing Gyatso, XIVe Dalaï Lama © Topham Pictures

Dans un rapport publié en 1992 et mis à jour en 2000 intitulé « Tibet, Environment and Development Issues », le Department of Information and International Relations (DIIR) de la Central Tibetan Administration (Dharamsala, Inde), décrit les conséquences néfastes pour la population tibétaine et l’environnement du haut plateau tibétain résultant des politiques et des mesures appliquées par la Chine afin de développer supposément le Tibet.

Y sont examinés tour à tour dans une série de documents PDF (en anglais), les problématiques liées à la biodiversité, l’eau, l’agriculture, la foresterie, les mines, les déchets nucléaires, les pressions sur les populations, les droits humains et l’environnement. Ce rapport avait pour but de sensibiliser la communauté internationale et l’opinion publique sur la face cachée de la « Chinese Rule » appliquée au Tibet.

Si la mise à jour du rapport date d’une dizaine d’années, il y a néanmoins lieu de croire que l’essentiel des problématiques évoquées sont toujours d’actualité. C’est fort probablement la conclusion que retiendront les observateurs des politiques de développement appliquées par la Chine au Tibet, lesquelles confirment la volonté de main mise complète du régime chinois sur la population, la culture et les ressources de ce vaste territoire jadis indépendant, affirment les Tibétains, partie intégrante de l’Empire du milieu, objectent les Chinois.

Tibet 2000 : Environment and Development Issues