Dans un rapport en date du 13 mars 2009 intitulé Pakistan: the Militant Jihadi Challenge, l’International Crisis Group présente une analyse de l’état du militantisme djihadiste au Pakistan et examine la délicate question de la «talibanisation» du Pakistan.

Le rapport identifie un certain nombre de moyens que pourrait adopter le Pakistan pour répondre au défi posé par l’extrémisme des djihadistes,  notamment : le renforcement de la règle de droit, la prépondérance de la gouvernance civile, la surveillance des madrassas (écoles coraniques) dont plusieurs dispensent un enseignement sectaire encourageant  l’extrémisme, la modernisation des agences gouvernementales par l’octroi de pouvoirs accrus aux forces de police et aux services d’enquête,  enfin l’établissement d’un contrôle civil sur les zones tribales par l’abolition des régimes d’exception dont elles bénéficient en matière d’application de la loi et de l’ordre afin de les soumettre aux dispositions constitutionnelles fédérales. Le plus difficile enfin consistera à «séculariser» l’État afin de diminuer l’influence et l’emprise des religieux sur la population et les institutions.  En conclusion, le démantèlement des groupes sunnites radicaux, source du terrorisme au Pakistan, et leurs liens avec les réseaux internationaux tels Al-Qaeda, doit être l’objectif premier de la politique contre-terroriste du Pakistan, affirme l’International Crisis Group .

Si ce rapport semble,  à première vue du moins,  un peu utopiste, compte tenu de la complexité de la situation actuelle du Pakistan, il a le mérite, entre autres, de cerner les ramifications entre les principaux acteurs et réseaux opérant sur l’échiquier pakistanais en se basant sur les faits et les événements vérifiables qui font l’actualité au Pakistan.

Pakistan : the Militant Jihadi Challenge

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Aux portes de l’Himalaya occidental, le Pakistan, déjà embourbé dans le persistant conflit indo-pakistanais, se retrouve au cœur de la tourmente de la guerre au terrorisme parce que ses zones tribales du Nord-Ouest servent de base à al-Qaeda et aux Talibans pour leurs incursions en Afghanistan, alors que son propre territoire fait l’objet d’actions terroristes meurtrières en raison de son alignement sur les États-Unis, souvent qualifié de mou, d’ambigu et d’improductif par ceux qui veulent en finir avec cette guerre qui ne cesse de s’enliser.
soldat

Dans une monographie intitulé Pakistan and the War on Terror, Ashley J. Tellis, associé sénior au Carnegie Endowment for International Peace, procède à une analyse des problèmes reliés à la performance du Pakistan dans ses opérations de lutte contre le terrorisme. L’auteur est d’avis que le fait que le Pakistan soit considéré comme un allié dans la guerre contre le terrorisme n’atténue en rien les difficultés que ce pays doit surmonter en matière de contreterrorisme, difficultés qu’il ne peut résoudre rapidement pour différentes raisons que l’auteur passe en revue. Aussi, l’auteur averti que dans la campagne contre al-Qaeda et les Talibans, les États-Unis seront confrontés à des choix difficiles et que l’approche d’Islamabad dans la lutte au terrorisme présente des risques sérieux pour l’avenir des relations américano-pakistanaise.

Pakistan and the War on Terror : conflicted goals, compromised performance