Le Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies au Népal et la Commission nationale Dalit népalaise ont salué, mercredi, l’adoption par le Parlement du Népal d’une nouvelle loi contre la discrimination fondée sur la caste et l’intouchabilité qui interdit la discrimination envers ceux considérés comme appartenant aux basses castes et hors castes, appelés les « Dalits » ou les « intouchables ».

Le système de castes a été officiellement aboli par le Gouvernement népalais en 1964. Il aura fallu 47 ans pour corriger une législation de toute évidence inopérante dans les faits. Que peut-on espérer maintenant ?

La période de transition de la guerre civile vers la paix apparaît à bon nombre comme chaotique au Népal. De nombreux observateurs voient poindre l’anarchie. On craint l’effondrement de l’ordre social et la fragmentation de la nation.

La transition est confuse mais non pas anarchique, estime plutôt l’International Crisis Group (ICG), dans un rapport intitulé Nepal’s Political Rites of Passage, publié le 29 septembre 2010. L’ICG cherche à comprendre la culture politique du Népal et à évaluer l’état du processus de paix en cours dans ce pays en examinant trois questions majeures : la force et l’influence du parti maoïste dans le processus de transition et le risque d’une reprise de la guerre civile; la transition vers un état fédéral exacerbant les tensions ethniques et autonomistes; la capacité d’adaptation de l’État aux tensions actuelles alors que les grandes réformes promises tardent à se réaliser.

Pour l’instant, l’État semble plus flexible que fragile, estime l’ICG. Les maoïstes, sortis victorieux des dernières élections sans être majoritaires, apparaissent moins menaçants pour la paix que la transition vers un État fédéral, même s’ils n’exercent pas le pouvoir en raison d’une coalition des partis traditionnels.

La transition vers le fédéralisme encourage l’activisme ethnique ou autonomiste et s’accompagne fréquemment de débordements violents relevant davantage du modèle du « crime organisé » que de celui de la lutte politique armée. Les partis politiques se servent de ces démonstrations de force comme moyens de pression pour faire progresser leur cause.

Si l’État continue de s’appuyer sur les forces de sécurité, le système fait place à plus de tolérance à l’égard de cette violence pendant la transition. Ce qui n’est pas surprenant dans un régime faisant la part belle à la corruption depuis toujours.

Au Népal, le changement s’inscrit dans un rite de passage (sanskar en nepali) inhérent à la culture politique du pays. Les manquements par rapport aux supposées normes démocratiques  sont tolérés, par delà le discours, parce qu’ils sont en accord avec les règles traditionnelles qui régissent les comportements politiques.

Selon les observateurs de l’International Crisis Group, les leaders politiques népalais ne sont pas pas de véritables acteurs exerçant leur pouvoir pour agir sur la société. Ils semblent davantage les gardiens des valeurs et des pratiques traditionnelles tendant à maintenir l’ordre politique et social établi. À l’exception sans doute des maoïstes qui favorisent une transformation plus fondamentale de la société. La « menace » que représentent ces derniers pour les partisans du  statu quo, qui tâchent de les contenir, n’est pas à négliger… mais elle ne prendra pas nécessairement la voie de la lutte armée. Le grand voisin indien ne le permettrait sans doute plus. Selon l’ICG, le processus de paix ne se dirige peut-être pas vers une conclusion nette, prévisible et logique, comme s’évertuent à le souhaiter et à le proclamer , les leaders traditionnels népalais.

Nepal’s Political Rites of Passage (Document PDF)

«Le Gouvernement népalais utilise le réchauffement climatique de la planète pour expliquer nombre de dysfonctionnements. Un bon prétexte qui masque en réalité la mauvaise gestion politique du pays», estime le Nepali Times, auquel fait écho le Courrier International.

Le Conseil des ministres au pied de l’Everest… un «coup de pub ingénieux» pour sensibiliser l’opinion népalaise sur la fragilité du Népal face au réchauffement de la planète et attirer l’attention de la communauté internationale sur l’impact de ce phénomène.

Pour exemple, le déficit alimentaire dans l’ouest du pays serait dû au réchauffement climatique ! À la vérité, les districts occidentaux souffre de disette depuis des «temps immémoriaux» à cause de l’indifférence des régimes politiques de Katmandou responsables de l’absence de progrès en matière d’irrigation, qui rend l’agriculture dépendante de l’eau de pluie, donc vulnérable aux caprices météorologiques.

«Le changement climatique ne doit pas servir à justifier l’inertie du gouvernement et l’absence de volonté politique pour favoriser l’irrigation, la sylviculture, la sécurité alimentaire et la conversion de l’économie aux énergies renouvelables», estime Kunda Dixit du Nepali Times, cité par Le Courrier International.

Pour le Népal, le réchauffement climatique est davantage une question économique qu’écologique, poursuit l’auteur. L’économie doit désormais être basée sur l’hydro-électricité et non plus sur les combustibles fossiles, afin de la soustraire à la dépendance à l’égard des importations de pétrole indien. Le Népal devrait exporter de l’hydro-électricité vers l’Inde, non pas importer du combustible fossile de son voisin indien.

Sources : Courrier International

Petit pays asiatique enclavé entre les géants démographiques que sont la Chine et l’Inde, le Népal, longtemps fermé au monde extérieur et à ses formes de modernité, reste mal connu. Le pays peine à se défaire de perceptions faussées liées à une image «mythique», largement entretenue dans le cadre de l’ouverture au tourisme, écrit Marie Gilbert.

À partir de l’exemple népalais, et en choisissant comme terrain d’étude, la cité de Katmandou, Marie Gilbert montre comment le sacré donne un sens profond à l’organisation de l’espace urbain, quelle que soit l’échelle d’analyse envisagée, et comment il peut ordonner les relations sociales.

Les territoires du sacré, le sacre du territoire. Religion, urbanité, société : l’exemple de Katmandou

Les Gandharbas, également connus sous le nom de « gainés », sont par tradition, une caste de musiciens qui voyagent de village à village, de maison à maison, en chantant et jouant du sarangi népalais. Avant l’arrivée et la vogue de la radio au Népal, les Gandharbas apportaient distraction et nouvelles, et jouèrent même un rôle important dans la diffusion de la sensibilité nationale peu après l’unification de la nation par Prithivi Narayan Shah. Du fait de leur rôle traditionnel de musicien itinérant, ils ont souvent été comparés avec les ménestrels d’Europe occidentale.

Alors que l’identité de cette caste est liée à la musique, la tradition même de cette musique est mise à mal et est en train de disparaître dans le Népal d’aujourd’hui. Les Gandharbas doivent se battre pour préserver leur tradition.

À travers une compilation de textes et d’articles de presse, La Maison des Himalayas présente la culture Gandharba et la tradition de la musique népalaise populaire ainsi que les défis auxquels est confrontée la caste des Gandharbas..

Les Gandharbas ou Gainés, troubadours de l’Himalaya

Trois années après la fin de la guerre civile qui a secoué le pays de 1996 à 2006, le Gouvernement du Népal a failli à sa promesse de conduire des enquêtes et de poursuivre en justice les responsables des exactions qui ont entraînées la mort, la torture et la disparition de milliers de personnes pendant ce conflit.

Dans un rapport récent, se voulant un « follow-up » d’un rapport précédent  intitulé «Waiting for Justice : Unpunished Crimes from Nepal’s Armed Conflict »,  Human Rights Watch accuse les autorités népalaises de laxisme au regard de la promesse faite aux Népalais de faire la lumière sur les abus commis durant la guerre civile et de punir en conséquence, les personnes jugées responsables des exactions. L’organisme appelle donc le Gouvernement du Népal à donner suite à sa promesse et formule à cette fin, plusieurs recommandations.

Still Waiting for Justice: No End to Impunity in Nepal

Le Gouvernement du Népal a décidé, il y a quelques semaines, de verser une prime de 100,000 roupies (environ 100 euros) aux couples formés d’hindous de caste supérieure et de caste inférieure (dalit ou intouchable) qui décideront de se marier. Le but de cette mesure est de lutter contre la discrimination à l’égard des « intouchables ».

Les dalits souffrent de ségrégation même si le système de castes a été officiellement aboli en 1960. De plus, les mariages inter-castes sont extrêmement mal vus et très rares. « La société rejette toujours les mariages entre castes, si bien que les premiers pas de ces couples mariés sont en général difficiles », a déclaré le ministre des Finances Surendra Pandey en présentant au Parlement le budget de la Nation.

Par ailleurs, des programmes d’assistance financière et d’aide à l’accès à l’emploi pour les veuves ont été annoncés par le ministre de l’Économie. Les veuves sont souvent ostracisées au Népal, notamment dans les campagnes.

Source
Népal: une prime de 460 euros pour épouser une veuve