L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a publié le 22 juillet 2010,  un rapport dans lequel elle dénonce la férocité de la répression au Tibet à la suite des émeutes de 2008. Intitulée « I saw it with my own eyes : Abuses by Chinese Security Forces in Tibet, 2008-2010 », l’enquête se fonde sur les témoignages de 200 Tibétains que HRW affirme avoir recoupés.

On se souviendra que le Gouvernement chinois a déclaré que seules 21 personnes avaient trouvé la mort, pour la plupart des Chinois Hans, dans l’incendie de leur boutique après que des manifestations pour commémorer le soulèvement tibétain du 10 mars 1959 aient dégénéré en violences urbaines le 14 et 15 mars 2008. Si les émeutes de Lhassa furent très médiatisée en Chine, les multiples incidents et manifestations qui suivirent dans les zones tibétaines adjacentes à la Région autonome du Tibet proprement dite, furent souvent passés sous silence.

À travers le récit de plusieurs témoins oculaires, le rapport décrit les différents abus commis par les forces de sécurité à la fois pendant et après les manifestations : usage disproportionné de la force pour disperser les manifestants, arrestations arbitraires à grande échelle, violences et tortures infligées aux suspects placés en garde à vue sans autre forme de procès.

Rappelant le contexte des événements de 2008 au Tibet et relatant les déclarations obtenues de témoins oculaires, le rapport dresse un tableau très différent de celui qu’a voulu montrer le Gouvernement chinois lors de ces  événements. C’est pourquoi le rapport de HRW plaide pour l’ouverture d’une enquête internationales sur la situation au Tibet.

Chine : Des témoins lèvent le voile sur des abus commis par les forces de sécurité au Tibet

I Saw It with My Own Eyes

Le bilan du séisme de magnitude 6,9 qui a secoué la province du Qinghai dans l’ouest de la Chine s’alourdit. On dénombrait aujourd’hui plus de 1 700 morts. L’épicentre du séisme était situé dans le comté de Yushu, dans la partie sud du Qinghai, près du Tibet, où vivent environ 100 000 personnes, essentiellement des fermiers et des bergers pour la plupart tibétains.

Le président chinois, Hu Jintao, s’est rendu dimanche dans le comté de Yushu. Tandis que des secouristes s’affairent à fouiller les ruines des maisons écroulées à la recherche de survivants, des moines tibétains venus de toute la région procèdent à la crémation des corps. L’acheminement de l’aide s’avère difficile en raison de l’éloignement et de la difficulté d’accès à la région situé dans une région de hautes montagnes.

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Le Dalaï Lama, originaire du Qinghai, a demandé la permission aux autorités chinoises de se rendre dans sa région natale afin d’apporter réconfort à ses concitoyens. La Chine n’a pas répondu à sa requête pour l’instant. Plusieurs observateurs doutent fortement que la Chine acquiescera à la requête du Dalaï Lama. Voilà pourtant une belle occasions pour le régime chinois de poser un geste favorable à la réconciliation !

Sources : Le Nouvel Obs ; L’express

Reportage photo : The Big Picture (boston.com)

Une partie des cendres d’Edmund Hillary, premier vainqueur de l’Everest avec le Sherpa Tenzing Norgay en 1953, sera déposée dans un « mémorial » au Khumbu dans la région de l’Everest. Des arrangements avaient été pris avec Apa Sherpa, qui entreprend sa 20e ascension de l’Everest, afin que les cendres du Néo-Zélandais soient dispersées au sommet de la montagne, conformément à son souhait.

Toutefois, Ang Tenzing Sherpa, leader d’un groupe de citoyens du Khumbu ainsi que certains religieux bouddhistes, auraient fait valoir que la dispersion des cendres d’Hillary au sommet d’une montagne, considérée comme habitée par les dieux, serait de mauvaise augure et contraire à la culture et aux traditions du peuple sherpa. Il semble que les cendres seront plutôt conservés dans un mémorial érigé à sa mémoire pour souligner l’an prochain le 50e anniversaire de la première école construite par Hillary au Khumbu.

Je me permets ici un commentaire tout à fait personnel. Edmund Hillary était de son vivant adulé par les Sherpas du Khumbu. L’implication personnelle d’Hillary dans la construction d’un hôpital à Khunde, d’une première école à Khumjung, de l’aéroport de Lukla, de même que la fondation de l’Himalayan Trust pour soutenir financièrement la réalisation de projets visant à favoriser le développement de la communauté Sherpa du Khumbu ont fait de lui un héros « national » au sein de cette communauté.

La dispersion des cendres d’Hillary au sommet de l’Everest aurait certes constitué un événement médiatique, mais vite oublié. Un mémorial à sa mémoire aura beaucoup plus d’impact tout en ayant un effet durable. Hillary fait partie de l’histoire des Sherpas et du Khumbu. Combien de trekkeurs et d’alpinistes empruntent la piste de l’Everest en ayant conscience de marcher dans les pas de cet homme plus grand que nature qui a atteint le premier, le point culminant de la terre ? Ce mémorial ne viendra-t-il pas s’ajouter aux autres attraits de la région sur lesquels s’appuie la communauté Sherpa pour assurer son développement dans un milieu parmi les plus ingrats qui soient ?

S’il est toujours vrai que les Sherpas considèrent les sommets himalayens comme le refuge des dieux, il y a longtemps, me semble-t-il, qu’ils ont conclu que la présence humaine au sommet de ces montagnes n’était pas une offense à leurs dieux. Ils y accompagnent des expéditions alpines depuis plus de 50 ans. Dans cette perspective, en quoi la dispersion de cendres humaines sur le sommet de l’Everest offenserait-elle les dieux ?

Les Sherpas sont de fervents bouddhistes mais aussi des gens pragmatiques dotés d’un sens de l’entrepreneurship peu commun. Ils en ont fait la démonstration tout au long de leur histoire. Je les soupçonne d’avoir utilisé la tradition pour détourner avec élégance les dernières volontés de leur héros, faisant encore et encore la preuve de leur capacité d’adaptation et de leur propension à saisir les occasions qui servent au mieux l’intérêt de leur communauté. Un tout petit pas de plus et on pourrait croire qu’Hillary, jouant la carte de l’humilité, était de connivence avec eux et leur a facilité les choses !

À chaque fois qu’Hillary revenait au Khumbu, il se plaisait à dire que revenir dans cette région, c’était comme revenir chez lui après une absence. Le mémorial dédié à sa mémoire ne sera-t-il pas la preuve visible qu’il est revenu chez lui pour son dernier repos. Farfelu ! À chacun d’en juger.

 

Sous l’impulsion de l’effet d’accélération du changement climatique dans les massifs de l’Himalaya et de l’Hindou Kouch, la fonte des glaciers menace les conditions de vie de centaines de millions de personnes en Chine, en Inde, au Pakistan et au Népal, selon une étude rendue publique vendredi en marge du sommet sur le climat à Copenhague.

L’étude met de l’avant la nécessité pour les États de mieux supporter les adaptations locales au regard des manifestations de plus en plus extrêmes du climat. L’étude souligne entre autres que les populations doivent disposer de moyens pour agir non plus seulement sur leur survie à court terme mais aussi sur le long terme.

Nécessité de recueillir l’eau de pluie, de ressusciter d’anciennes méthodes de stockage de l’eau en les adaptant aux nouvelles sautes d’humeur climatiques, de recourir à de meilleures méthodes d’irrigation sont autant de moyens à mettre en œuvre pour lutter contre les pénuries d’eau envisagées qui résulteront de la fonte des glaciers, dont entre 40 et 80% auront fondu à la fin du siècle.

On estime que plus d’un milliard de personnes sont menacées de pénurie d’eau en Chine et en Inde, 178 millions au Pakistan et dans le nord de l’Inde et 49 millions en Asie centrale y compris la province du Xinjiang sous administration chinoise.

Source : Centre d’actualités de l’ONU

«Le Gouvernement népalais utilise le réchauffement climatique de la planète pour expliquer nombre de dysfonctionnements. Un bon prétexte qui masque en réalité la mauvaise gestion politique du pays», estime le Nepali Times, auquel fait écho le Courrier International.

Le Conseil des ministres au pied de l’Everest… un «coup de pub ingénieux» pour sensibiliser l’opinion népalaise sur la fragilité du Népal face au réchauffement de la planète et attirer l’attention de la communauté internationale sur l’impact de ce phénomène.

Pour exemple, le déficit alimentaire dans l’ouest du pays serait dû au réchauffement climatique ! À la vérité, les districts occidentaux souffre de disette depuis des «temps immémoriaux» à cause de l’indifférence des régimes politiques de Katmandou responsables de l’absence de progrès en matière d’irrigation, qui rend l’agriculture dépendante de l’eau de pluie, donc vulnérable aux caprices météorologiques.

«Le changement climatique ne doit pas servir à justifier l’inertie du gouvernement et l’absence de volonté politique pour favoriser l’irrigation, la sylviculture, la sécurité alimentaire et la conversion de l’économie aux énergies renouvelables», estime Kunda Dixit du Nepali Times, cité par Le Courrier International.

Pour le Népal, le réchauffement climatique est davantage une question économique qu’écologique, poursuit l’auteur. L’économie doit désormais être basée sur l’hydro-électricité et non plus sur les combustibles fossiles, afin de la soustraire à la dépendance à l’égard des importations de pétrole indien. Le Népal devrait exporter de l’hydro-électricité vers l’Inde, non pas importer du combustible fossile de son voisin indien.

Sources : Courrier International

La fonte rapide des glaciers himalayens en raison du réchauffement climatique semblait faire l’unanimité. Or, selon un rapport (discussion paper) rédigé par Vijay Kumar Raina, un glaciologue indien, pour le compte du Ministère de l’Environnement indien, il serait prématuré d’affirmer que les glaciers himalayens fondent anormalement en raison du réchauffement climatique.

Cette étude remettrait en question les conclusions du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC), l’institution la plus spécialisée dans les changements climatiques à l’échelle mondiale.

Si la condition des glaciers de l’Himalaya n’est pas très bonne, leur fonte n’est pas aussi alarmante que les estimations du GIEC le laissent entendre, aurait déclaré le ministre indien de l’Environnement, cité par le quotidien Hindustan Times.

Selon un article récent de la revue Science, «plusieurs experts occidentaux, qui ont mené des études dans la région, sont d’accord avec l’analyse de Raina, même si elle entre en conflit avec ce qu’affirme le GIEC sur l’Himalaya.»

L’International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD) exprime pour sa part des réserves sur les conclusions de V.K. Raina. L’argumentation est contenue dans un document PDF téléchargeable depuis le site d’ICIMOD. Voir «ICIMOD’s comments on the discussion paper… by V.K. Raina».

Enfin, le GIEC a reconnu récemment être allé un peu vite en annonçant que les glaciers de l’Himalaya fondaient plus rapidement qu’ailleurs et risquaient d’avoir disparu en 2035, cette affirmation n’étant pas établie scientifiquement. Une enquête serait en cours afin de déterminer comment cette affirmation a pu se retrouver dans le rapport du GIEC.

Himalayan Glaciers – A State-of-Art Review of Glacial Studies, Glacial Retreat and Climate Change

Les glaciers himalayens ne fondent pas (résumé)

Éclaircissement sur l’erreur du GIEC

 

Le statut historique du Tibet est au cœur d’une dispute qui semble sans fin. D’une part, la Chine affirme que le Tibet est une partie inaliénable de la Chine. Les Tibétains, d’autre part, maintiennent qu’historiquement, le Tibet a été un pays distinct et indépendant. Même si le Dalaï Lama accepte que le Tibet fasse désormais partie de la Chine tout en exigeant une plus grande autonomie culturelle,  la Chine lui reproche  de ne pas reconnaître que le Tibet a toujours été une partie intégrale de la Chine.

Dans une étude publiée par le East-West Center Washington (2004), Elliot Sperling analyse l’évolution des positions chinoises et tibétaines et examine comment les affirmations des deux parties sur le statut historique du Tibet résistent ou pas à l’examen des faits tels que corroborés par les écrits historiques rédigés en Chinois et en Tibétain, lesquels constituent les sources primaires d’information sur cette question.

Sperling affirme que certaines des affirmations tibétaines sur l’indépendance historique du Tibet ne sont pas complètement supportées par l’histoire. Tel serait le cas de la prétention des Tibétains relative à l’appartenance de certaines régions orientales du plateau tibétain au Tibet central sous la juridiction de Lhassa. Au cours de l’histoire, ces régions auraient fait l’objet d’arrangements informels, non articulés dans les ententes officielles, entre les puissances régionales chinoises et le Gouvernement de Lhassa.

De la même manière, nous dit Sperling, la prétention de la Chine à l’effet que le Tibet est une partie  intégrale de la Chine depuis le XIIIe siècle, s’avère  un argument qui a pris racine au XXe siècle. Les écrivains chinois décrivaient la place du Tibet dans la Chine impériale comme celle d’un État vassal, non pas comme une partie intégrale de la Chine. D’ailleurs, la traduction de l’original tibétain du traité tibéto-mongol de 1913, découvert en 2006, affirmerait conjointement l’indépendance du Tibet et de la Mongolie.

Par ailleurs,  d’autres arguments utilisés soit par les Chinois, soit par les Tibétains, sont également analysés par l’auteur, notamment le mode de désignation des réincarnations et la relation guide spirituel-protecteur ayant caractérisé les relations entre certains dalaï lamas et les dynasties ayant gouverné la Chine.

The Tibet-China Conflict: History and Polemics