Inconnue de la science, le koro, une nouvelle langue vient d’être découverte en Arunachal Pradesh (Inde-du-nord) aux confins de l’Himalaya, rapporte le National Geographic. Parmi les 6 909 langues connues des linguistes, des langues disparaissent par centaines chaque année, remplacées par l’anglais, l’espagnol ou le chinois.

La langue koro, à peine découverte, est déjà reconnue en danger. Seulement entre 800 et 1000 personnes la parleraient encore. Les jeunes la désertent parce qu’ils fréquentent des institutions scolaires où seul l’hindi et l’anglais sont parlés. Le koro, une langue non écrite, appartient à la famille des langues tibéto-birmanes.

Source : National Geographic

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La NASA a lancé aujourd’hui, en partenariat avec le Centre international pour la mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD), un système utilisant des images satellitaires pour permettre aux scientifiques de surveiller les impacts des changements climatiques dans l’Himalaya. Ce système, baptisé SERVIR, pourrait fournir des informations en rapport avec les risques d’inondations, les feux de forêts, les tempêtes et la biodiversité.

Présentement, on dispose de bien peu d’éléments sur l’impact du changement climatique dans cette vaste région disposant d’immenses réserves en eau potable sous forme de glace et de neige.

Source : Le Monde

La période de transition de la guerre civile vers la paix apparaît à bon nombre comme chaotique au Népal. De nombreux observateurs voient poindre l’anarchie. On craint l’effondrement de l’ordre social et la fragmentation de la nation.

La transition est confuse mais non pas anarchique, estime plutôt l’International Crisis Group (ICG), dans un rapport intitulé Nepal’s Political Rites of Passage, publié le 29 septembre 2010. L’ICG cherche à comprendre la culture politique du Népal et à évaluer l’état du processus de paix en cours dans ce pays en examinant trois questions majeures : la force et l’influence du parti maoïste dans le processus de transition et le risque d’une reprise de la guerre civile; la transition vers un état fédéral exacerbant les tensions ethniques et autonomistes; la capacité d’adaptation de l’État aux tensions actuelles alors que les grandes réformes promises tardent à se réaliser.

Pour l’instant, l’État semble plus flexible que fragile, estime l’ICG. Les maoïstes, sortis victorieux des dernières élections sans être majoritaires, apparaissent moins menaçants pour la paix que la transition vers un État fédéral, même s’ils n’exercent pas le pouvoir en raison d’une coalition des partis traditionnels.

La transition vers le fédéralisme encourage l’activisme ethnique ou autonomiste et s’accompagne fréquemment de débordements violents relevant davantage du modèle du « crime organisé » que de celui de la lutte politique armée. Les partis politiques se servent de ces démonstrations de force comme moyens de pression pour faire progresser leur cause.

Si l’État continue de s’appuyer sur les forces de sécurité, le système fait place à plus de tolérance à l’égard de cette violence pendant la transition. Ce qui n’est pas surprenant dans un régime faisant la part belle à la corruption depuis toujours.

Au Népal, le changement s’inscrit dans un rite de passage (sanskar en nepali) inhérent à la culture politique du pays. Les manquements par rapport aux supposées normes démocratiques  sont tolérés, par delà le discours, parce qu’ils sont en accord avec les règles traditionnelles qui régissent les comportements politiques.

Selon les observateurs de l’International Crisis Group, les leaders politiques népalais ne sont pas pas de véritables acteurs exerçant leur pouvoir pour agir sur la société. Ils semblent davantage les gardiens des valeurs et des pratiques traditionnelles tendant à maintenir l’ordre politique et social établi. À l’exception sans doute des maoïstes qui favorisent une transformation plus fondamentale de la société. La « menace » que représentent ces derniers pour les partisans du  statu quo, qui tâchent de les contenir, n’est pas à négliger… mais elle ne prendra pas nécessairement la voie de la lutte armée. Le grand voisin indien ne le permettrait sans doute plus. Selon l’ICG, le processus de paix ne se dirige peut-être pas vers une conclusion nette, prévisible et logique, comme s’évertuent à le souhaiter et à le proclamer , les leaders traditionnels népalais.

Nepal’s Political Rites of Passage (Document PDF)

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a publié le 22 juillet 2010,  un rapport dans lequel elle dénonce la férocité de la répression au Tibet à la suite des émeutes de 2008. Intitulée « I saw it with my own eyes : Abuses by Chinese Security Forces in Tibet, 2008-2010 », l’enquête se fonde sur les témoignages de 200 Tibétains que HRW affirme avoir recoupés.

On se souviendra que le Gouvernement chinois a déclaré que seules 21 personnes avaient trouvé la mort, pour la plupart des Chinois Hans, dans l’incendie de leur boutique après que des manifestations pour commémorer le soulèvement tibétain du 10 mars 1959 aient dégénéré en violences urbaines le 14 et 15 mars 2008. Si les émeutes de Lhassa furent très médiatisée en Chine, les multiples incidents et manifestations qui suivirent dans les zones tibétaines adjacentes à la Région autonome du Tibet proprement dite, furent souvent passés sous silence.

À travers le récit de plusieurs témoins oculaires, le rapport décrit les différents abus commis par les forces de sécurité à la fois pendant et après les manifestations : usage disproportionné de la force pour disperser les manifestants, arrestations arbitraires à grande échelle, violences et tortures infligées aux suspects placés en garde à vue sans autre forme de procès.

Rappelant le contexte des événements de 2008 au Tibet et relatant les déclarations obtenues de témoins oculaires, le rapport dresse un tableau très différent de celui qu’a voulu montrer le Gouvernement chinois lors de ces  événements. C’est pourquoi le rapport de HRW plaide pour l’ouverture d’une enquête internationales sur la situation au Tibet.

Chine : Des témoins lèvent le voile sur des abus commis par les forces de sécurité au Tibet

I Saw It with My Own Eyes

Le bilan du séisme de magnitude 6,9 qui a secoué la province du Qinghai dans l’ouest de la Chine s’alourdit. On dénombrait aujourd’hui plus de 1 700 morts. L’épicentre du séisme était situé dans le comté de Yushu, dans la partie sud du Qinghai, près du Tibet, où vivent environ 100 000 personnes, essentiellement des fermiers et des bergers pour la plupart tibétains.

Le président chinois, Hu Jintao, s’est rendu dimanche dans le comté de Yushu. Tandis que des secouristes s’affairent à fouiller les ruines des maisons écroulées à la recherche de survivants, des moines tibétains venus de toute la région procèdent à la crémation des corps. L’acheminement de l’aide s’avère difficile en raison de l’éloignement et de la difficulté d’accès à la région situé dans une région de hautes montagnes.

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Le Dalaï Lama, originaire du Qinghai, a demandé la permission aux autorités chinoises de se rendre dans sa région natale afin d’apporter réconfort à ses concitoyens. La Chine n’a pas répondu à sa requête pour l’instant. Plusieurs observateurs doutent fortement que la Chine acquiescera à la requête du Dalaï Lama. Voilà pourtant une belle occasions pour le régime chinois de poser un geste favorable à la réconciliation !

Sources : Le Nouvel Obs ; L’express

Reportage photo : The Big Picture (boston.com)

Une partie des cendres d’Edmund Hillary, premier vainqueur de l’Everest avec le Sherpa Tenzing Norgay en 1953, sera déposée dans un « mémorial » au Khumbu dans la région de l’Everest. Des arrangements avaient été pris avec Apa Sherpa, qui entreprend sa 20e ascension de l’Everest, afin que les cendres du Néo-Zélandais soient dispersées au sommet de la montagne, conformément à son souhait.

Toutefois, Ang Tenzing Sherpa, leader d’un groupe de citoyens du Khumbu ainsi que certains religieux bouddhistes, auraient fait valoir que la dispersion des cendres d’Hillary au sommet d’une montagne, considérée comme habitée par les dieux, serait de mauvaise augure et contraire à la culture et aux traditions du peuple sherpa. Il semble que les cendres seront plutôt conservés dans un mémorial érigé à sa mémoire pour souligner l’an prochain le 50e anniversaire de la première école construite par Hillary au Khumbu.

Je me permets ici un commentaire tout à fait personnel. Edmund Hillary était de son vivant adulé par les Sherpas du Khumbu. L’implication personnelle d’Hillary dans la construction d’un hôpital à Khunde, d’une première école à Khumjung, de l’aéroport de Lukla, de même que la fondation de l’Himalayan Trust pour soutenir financièrement la réalisation de projets visant à favoriser le développement de la communauté Sherpa du Khumbu ont fait de lui un héros « national » au sein de cette communauté.

La dispersion des cendres d’Hillary au sommet de l’Everest aurait certes constitué un événement médiatique, mais vite oublié. Un mémorial à sa mémoire aura beaucoup plus d’impact tout en ayant un effet durable. Hillary fait partie de l’histoire des Sherpas et du Khumbu. Combien de trekkeurs et d’alpinistes empruntent la piste de l’Everest en ayant conscience de marcher dans les pas de cet homme plus grand que nature qui a atteint le premier, le point culminant de la terre ? Ce mémorial ne viendra-t-il pas s’ajouter aux autres attraits de la région sur lesquels s’appuie la communauté Sherpa pour assurer son développement dans un milieu parmi les plus ingrats qui soient ?

S’il est toujours vrai que les Sherpas considèrent les sommets himalayens comme le refuge des dieux, il y a longtemps, me semble-t-il, qu’ils ont conclu que la présence humaine au sommet de ces montagnes n’était pas une offense à leurs dieux. Ils y accompagnent des expéditions alpines depuis plus de 50 ans. Dans cette perspective, en quoi la dispersion de cendres humaines sur le sommet de l’Everest offenserait-elle les dieux ?

Les Sherpas sont de fervents bouddhistes mais aussi des gens pragmatiques dotés d’un sens de l’entrepreneurship peu commun. Ils en ont fait la démonstration tout au long de leur histoire. Je les soupçonne d’avoir utilisé la tradition pour détourner avec élégance les dernières volontés de leur héros, faisant encore et encore la preuve de leur capacité d’adaptation et de leur propension à saisir les occasions qui servent au mieux l’intérêt de leur communauté. Un tout petit pas de plus et on pourrait croire qu’Hillary, jouant la carte de l’humilité, était de connivence avec eux et leur a facilité les choses !

À chaque fois qu’Hillary revenait au Khumbu, il se plaisait à dire que revenir dans cette région, c’était comme revenir chez lui après une absence. Le mémorial dédié à sa mémoire ne sera-t-il pas la preuve visible qu’il est revenu chez lui pour son dernier repos. Farfelu ! À chacun d’en juger.

 

Sous l’impulsion de l’effet d’accélération du changement climatique dans les massifs de l’Himalaya et de l’Hindou Kouch, la fonte des glaciers menace les conditions de vie de centaines de millions de personnes en Chine, en Inde, au Pakistan et au Népal, selon une étude rendue publique vendredi en marge du sommet sur le climat à Copenhague.

L’étude met de l’avant la nécessité pour les États de mieux supporter les adaptations locales au regard des manifestations de plus en plus extrêmes du climat. L’étude souligne entre autres que les populations doivent disposer de moyens pour agir non plus seulement sur leur survie à court terme mais aussi sur le long terme.

Nécessité de recueillir l’eau de pluie, de ressusciter d’anciennes méthodes de stockage de l’eau en les adaptant aux nouvelles sautes d’humeur climatiques, de recourir à de meilleures méthodes d’irrigation sont autant de moyens à mettre en œuvre pour lutter contre les pénuries d’eau envisagées qui résulteront de la fonte des glaciers, dont entre 40 et 80% auront fondu à la fin du siècle.

On estime que plus d’un milliard de personnes sont menacées de pénurie d’eau en Chine et en Inde, 178 millions au Pakistan et dans le nord de l’Inde et 49 millions en Asie centrale y compris la province du Xinjiang sous administration chinoise.

Source : Centre d’actualités de l’ONU