Dans un rapport publié en 1992 et mis à jour en 2000 intitulé « Tibet, Environment and Development Issues », le Department of Information and International Relations (DIIR) de la Central Tibetan Administration (Dharamsala, Inde), décrit les conséquences néfastes pour la population tibétaine et l’environnement du haut plateau tibétain résultant des politiques et des mesures appliquées par la Chine afin de développer supposément le Tibet.

Y sont examinés tour à tour dans une série de documents PDF (en anglais), les problématiques liées à la biodiversité, l’eau, l’agriculture, la foresterie, les mines, les déchets nucléaires, les pressions sur les populations, les droits humains et l’environnement. Ce rapport avait pour but de sensibiliser la communauté internationale et l’opinion publique sur la face cachée de la « Chinese Rule » appliquée au Tibet.

Si la mise à jour du rapport date d’une dizaine d’années, il y a néanmoins lieu de croire que l’essentiel des problématiques évoquées sont toujours d’actualité. C’est fort probablement la conclusion que retiendront les observateurs des politiques de développement appliquées par la Chine au Tibet, lesquelles confirment la volonté de main mise complète du régime chinois sur la population, la culture et les ressources de ce vaste territoire jadis indépendant, affirment les Tibétains, partie intégrante de l’Empire du milieu, objectent les Chinois.

Tibet 2000 : Environment and Development Issues

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Selon de nombreux chercheurs s’intéressant à l’Himalaya, la croissance de la population créeraient d’énormes pressions sur l’environnement de l’aire himalayenne. On estime la population himalayenne à 40 millions de personnes. Ce nombre inclut les populations habitant, un peu plus au sud, les bassins des grands fleuves prenant leur source dans la chaîne himalayenne. La rapide croissance de la population serait en effet responsable de la destruction du couvert forestier et de sa conversion en terres cultivables. Cette déforestation aurait entraîné une érosion des sols et auraient multiplié les innondations en plaine et les glissemenets de terrains en montagne. Cette «théorie» s’appuierait en grande partie sur des études portant sur l’Himalaya du Népal, dont les résultats auraient été généralisés à l’ensemble de la région himalayenne.

Dans leur livre The Himalayan Dilemma: Reconciling Development and Conservation, Bruno Messerli et Jack D. Yves tentent de réfuter la théorie de la dégradation environnementale de l’Himalaya sur laquelle s’appuient les politiques de développement de cette région. Ils avancent qu’aucune évidence scientifique ne supporte cette théorie. Plusieurs chercheurs reprochent par ailleurs à ces auteurs de n’avoir fourni aucune donnée pour réfuter les constatations sur lesquelles s’appuie la théorie de la dégradation de l’Himalaya.

The Himalayan Dilemma