La sélection prénatale en faveur des fils dans plusieurs pays d’Asie sera lourde de conséquences dans les années à venir, selon des études récentes réalisées pour le compte du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFRA). La préférence pour les garçons dans plusieurs pays asiatiques est profondément enracinée pour des motifs tant culturels qu’économiques : paiement d’une dot pour les filles, rôle de soutien du fils envers les parents âgés, pratique du culte des ancêtres par les seuls fils, etc.

Plusieurs spécialistes des sciences sociales avertissent que le déficit futur des femmes adultes aura de graves répercussions au plan social : non-accès au mariage pour un plus grand nombre d’hommes, augmentation de la violence sexuelle contre les femmes, traite des femmes, plus grande vulnérabilité des femmes en général.

L’Inde et la Chine connaissent les déséquilibres les plus prononcés entre garçons et filles. Au Népal, l’étude conduite par le Center for Research on Environment, Health and Population Activities (Kathmandu, Nepal) indique que la prévalence de cette pratique s’avère présentement beaucoup plus faible. Toutefois, elle montre que dans le Teraï, la préférence manifeste pour les fils, la connaissance des moyens disponibles et la facilité de recourir à des dispensaires disposant de la technologie pour déterminer le sexe des futurs enfants et de faire appel à des avorteurs disposés à enfreindre la loi, principalement dans plusieurs villes frontalières en Inde, pourrait rapidement modifier la situation.

Sex Selection : Pervasiveness and Preparedness in Nepal

Selon de nombreux chercheurs s’intéressant à l’Himalaya, la croissance de la population créeraient d’énormes pressions sur l’environnement de l’aire himalayenne. On estime la population himalayenne à 40 millions de personnes. Ce nombre inclut les populations habitant, un peu plus au sud, les bassins des grands fleuves prenant leur source dans la chaîne himalayenne. La rapide croissance de la population serait en effet responsable de la destruction du couvert forestier et de sa conversion en terres cultivables. Cette déforestation aurait entraîné une érosion des sols et auraient multiplié les innondations en plaine et les glissemenets de terrains en montagne. Cette «théorie» s’appuierait en grande partie sur des études portant sur l’Himalaya du Népal, dont les résultats auraient été généralisés à l’ensemble de la région himalayenne.

Dans leur livre The Himalayan Dilemma: Reconciling Development and Conservation, Bruno Messerli et Jack D. Yves tentent de réfuter la théorie de la dégradation environnementale de l’Himalaya sur laquelle s’appuient les politiques de développement de cette région. Ils avancent qu’aucune évidence scientifique ne supporte cette théorie. Plusieurs chercheurs reprochent par ailleurs à ces auteurs de n’avoir fourni aucune donnée pour réfuter les constatations sur lesquelles s’appuie la théorie de la dégradation de l’Himalaya.

The Himalayan Dilemma