Une page d’histoire vient de s’écrire au Népal. La monarchie népalaise a été abolie et la république a été proclamée lors de la session inaugurale de l’Assemblée constituante qui se tenait en fin de journée à Katmandou. Le texte voté par l’assemblée constituante stipule que le Népal devient «un état indépendant, indivisible, souverain, laïc et une république démocratique», précisant en outre que «tous les privilèges accordés au roi et à la famille royale cessent d’être valides à partir d’aujourd’hui».

Vieille de 239 ans, la dynastie Shah, qui avait unifié le Népal au XVIIIe siècle, voit son dernier représentant, le roi Gyanendra, sommé de quitter le palais Narayanhiti. «Dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle république, l’Assemblée constituante somme le roi résidant au palais Narayanhiti et son secrétariat privé de quitter le palais d’ici 15 jours», a déclaré le Président d’assemblée.

Tandis que le gouvernement a déployé 10 000 policiers dans les rues de la capitale par mesure de précaution, le Parti communiste népalais-maoïste (PCN-M), vainqueur aux dernières élections a mobilisé 20 000 de ses militants pour célébrer l’avènement de la République.

L’abolition de la monarchie est principalement attribuable aux maoïstes qui en ont fait un objectif non négociable. Pour préserver un accord de paix plutôt fragile signé en novembre 2006 avec la rébellion maoïste, les partis parlementaires s’y sont ralliés d’abord sans grand enthousiasme.

Le roi Gyanendra avait été dépouillé de ses prérogatives, y compris celles de Chef de l’État et de Commandant en chef de l’Armée royale du Népal, à la suite d’une révolte populaire, orchestrée par les partis politiques et soutenue par les maoïstes, qui a secoué le pays en avril 2006. Âgé de 60 ans, Gyanendra, riche homme d’affaires, était très impopulaire. Une large partie de la population le soupçonne toujours d’être l’instigateur de la tuerie qui décima toute la famille de son frère, l’ex-roi Birendra, à la suite de laquelle il accéda au trône.

En outre, les Népalais ne lui ont jamais pardonné son coup de force du 1er février 2005 lorsqu’il s’est arrogé les pleins pouvoirs après avoir démit le Parlement et décrété l’état d’urgence, sous prétexte que le gouvernement n’arrivait pas à stopper la l’insurrection maoïste. Encore moins la brutalité avec laquelle il a tenté de réprimer les manifestations pacifiques appelant au rétablissement du Parlement alors qu’il donna ordre à la police et à l’armée de tirer à vue sur les manifestants désarmés. À l’exception de quelques bombes artisanales de faible intensité qui ont marqué les dernières heures de la monarchie, la proclamation de la république, annoncée depuis longtemps, n’aura donné lieu à aucun affrontement majeur.

Sources des infos : Cyberpresse, Radio-Canada, Le Monde, E-Kantipur News, NepalNews.

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Le troisième rapport du Groupe d’information sur le Tibet, présidé par le sénateur Louis de Broissia, est maintenant disponible sur le Web. Ce rapport fait suite à une mission du Sénat français qui s’est rendue au Tibet en août 2006. Ce rapport très documenté aborde plusieurs dimensions de la question tibétaine. Entre autres : l’espace tibétain, un pays démantelé territorialement ; l’histoire contemporaine du Tibet, un enjeu politique ; le développement du Tibet, l’envers du décor ; le dialogue Chine-Tibet, vers une solution au problème tibétain ; cent questions sur le Tibet.

Dans la conclusion de son rapport, le Groupe d’information sur le Tibet exprime l’avis que si la République populaire de Chine a choisi de se joindre au concert des nations, en commerçant selon les règles fixées par l’Organisation Mondiale du Commerce et en siégeant au Conseil de sécurité des Nations Unies, elle ne peut ignorer que « l’interpellation tibétaine reste majeure aux yeux de l’Occident et de l’opinion de toutes les démocraties ». Aussi, faut-il aller au-delà de la controverse historique d’un Tibet jadis indépendant ou chinois, et reconnaître que «le dialogue entre les autorités chinoises et les représentants du Dalaï-Lama apparaît aujourd’hui comme la seule voie vers une solution politique». Un document incontournable pour qui s’intéresse au Tibet.

Quelle solution politique pour le Tibet ?

Rapports précédents :

Le Tibet en exil : à l’école de la démocratie

Tibet : un peuple en danger