Le 1er juillet 2006, Hu Jintao inaugurait le premier train reliant Golmud, dans la province du Qinghai, à Lhassa au Tibet. Prolongeant la ligne de chemin de fer Pékin-Golmud, cette nouvelle liaison accélérera le développement économique et touristique du Tibet, affirment les autorités chinoises. Les militants de la cause tibétaine pensent plutôt que le train va accélérer la sinisation du Tibet.

tanggula
TANGGULA EXPRESS

Cette nouvelle voie ferrée aura un impact majeur sur l’avenir du Tibet, pensent de nombreux observateurs. Elle accélérera la migration des Han au Tibet, facilitera le transport de troupes chinoises, contribuera à spolier le Tibet de ses ressources naturelles et fragilisera les écosystèmes du haut plateau tibétain. Le Tibet est devenu un Far West, et Tanggula Express, un instrument pour le «conquérir». Une analyse intéressante par France-Tibet Ile de France parue sur AgoraVox.

Publicités

À plus de 4 000 mètres d’altitude, le train T 27 relie en deux jours Pékin à Lhassa au Tibet. Dans un reportage publié sur Télérama.fr, Anne-Marie Gustave relate son voyage à bord du Tanggula Express, le train le plus haut du monde. Au col de Tanggula, le T 27 circule à 5 072 mètres d’altitude, soit 200 mètres de plus que le plus haut chemin de fer des Andes. À partir du kilomètre 3 250, le train traverse le plateau tibétain, longtemps considéré comme infranchissable.

L’installation des rails sur les 1 150 derniers kilomètres a exigé un travail colossal. Pendant quatre années, les ouvriers ont creusé 11 tunnels, construit 2 647 ponts et bâti 34 gares. Ils ont aussi installé des écrans solaires ou des pompes à chaleur et surélevé les voies pour qu’elles ne soient jamais en contact avec le sol gelé. Un exploit technologique certes. Mais aussi, un instrument permettant à la Chine de consolider son emprise sur le Tibet. Bienvenue à bord du Tanggula Express !

En 2004, Priscilla Telmon quitte Hanoï pour rejoindre Calcutta : 5,000 kilomètres d’aventure solitaire à travers l’Himalaya sur les traces de l’exploratrice française Alexandra David-Néel, la première Occidentale à pénétrer au Tibet, alors totalement interdit aux étrangers, et à gagner sa capitale Lhassa en 1924.

telmon
PRISCILLA TELMON

Plus de six mois de marche, de découverte et de cheminement intérieur pour renouer avec les grandes expéditions passées et mesurer ce qui du Tibet d’aujourd’hui ressemble encore au pays des neiges qu’Alexandra a connu. Le voyage est aussi une occasion de rendre hommage à l’exploratrice, dont la soif de liberté a triomphé de tous les obstacles.