La fonte rapide des glaciers himalayens en raison du réchauffement climatique semblait faire l’unanimité. Or, selon un rapport (discussion paper) rédigé par Vijay Kumar Raina, un glaciologue indien, pour le compte du Ministère de l’Environnement indien, il serait prématuré d’affirmer que les glaciers himalayens fondent anormalement en raison du réchauffement climatique.

Cette étude remettrait en question les conclusions du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC), l’institution la plus spécialisée dans les changements climatiques à l’échelle mondiale.

Si la condition des glaciers de l’Himalaya n’est pas très bonne, leur fonte n’est pas aussi alarmante que les estimations du GIEC le laissent entendre, aurait déclaré le ministre indien de l’Environnement, cité par le quotidien Hindustan Times.

Selon un article récent de la revue Science, «plusieurs experts occidentaux, qui ont mené des études dans la région, sont d’accord avec l’analyse de Raina, même si elle entre en conflit avec ce qu’affirme le GIEC sur l’Himalaya.»

L’International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD) exprime pour sa part des réserves sur les conclusions de V.K. Raina. L’argumentation est contenue dans un document PDF téléchargeable depuis le site d’ICIMOD. Voir «ICIMOD’s comments on the discussion paper… by V.K. Raina».

Enfin, le GIEC a reconnu récemment être allé un peu vite en annonçant que les glaciers de l’Himalaya fondaient plus rapidement qu’ailleurs et risquaient d’avoir disparu en 2035, cette affirmation n’étant pas établie scientifiquement. Une enquête serait en cours afin de déterminer comment cette affirmation a pu se retrouver dans le rapport du GIEC.

Himalayan Glaciers – A State-of-Art Review of Glacial Studies, Glacial Retreat and Climate Change

Les glaciers himalayens ne fondent pas (résumé)

Éclaircissement sur l’erreur du GIEC

 

The International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD) est un centre régional favorisant le développement des connaissances relativement aux huit pays membres de la grande région de l’Hindu Kush – Himalaya : Afghanistan, Bengladesh, Bhoutan, Chine, Inde, Myanmar, Népal et Pakistan.

Ce centre a mis à disposition sur le Web, plusieurs études et recherche accessibles au format PDF touchant de nombreux aspects des montagnes de cette région (géographie physique, géographie humaine, environnement, biodiversité, changement climatique, développement durable, etc.)  qui constituent le milieu de vie de plusieurs millions de personnes.

 Icimod Books-Online : technical publications

Une étude sur la fonte des glaciers de l’Himalaya indien, parue dans la revue Current Science, 74 Vol. 92, No.1, janvier 2007, indique que la superficie glaciaire aurait diminué de 21% depuis le milieu du dernier siècle. L’étude démontre aussi que le nombre de glaciers a augmenté en raison de la fragmentation des masses glaciaires. Les grands glaciers se fragmentent sous l’effet du réchauffement climatique et donnent naissance à des glaciers «tributaires» de plus petites dimensions. Ces petits glaciers fondent   plus rapidement que les grands glaciers. La réduction glaciaire observée est de 38% pour les petits glaciers contre 12% pour les plus grands. Si le réchauffement climatique se poursuit, la fragmentation des glaciers s’accentuera et leur fonte sera d’autant plus rapide, ce qui créera à long terme une pénurie d’eau potable dans les régions himalayennes et les plaines adjacentes.

Glacial retreat in Himalaya using Indian Remote Sensing satellite data 

La fonte des glaciers de l’Himalaya « risque de provoquer de fortes inondations en Chine, en Inde et au Népal avant de remettre en cause l’approvisionnement en eau dans cette partie de l’Asie », prévient le World Wide Fund for Nature (WWF) dans un rapport publié le 14 mars 2005. Les glaciers himalayens alimentent sept des plus grands fleuves d’Asie : le Gange, l’Indus, le Brahmapoutre, le Mékong, le Salween, le Yangtsé et le Huang He (Fleuve jaune). Ils assurent ainsi l’approvisionnement en eau douce de centaines de millions de personnes. Or, ces glaciers subissent les effets du réchauffement climatique et perdraient entre 10 et 15 mètres par an.

ngojumpa

GLACIER NGOZUMPA NÉPAL

 

 

« Dans un premier temps, la fonte rapide des glaciers himalayens va accroître le volume de l’eau dans les fleuves, provoquant d’importantes inondations » déclare Jennifer Morgan, directrice du programme sur le changement climatique mondial du WWF. « Mais dans quelques décennies, cette situation va évoluer et le niveau de l’eau va décliner, provoquant des problèmes économiques et environnementaux importants pourles peuples de Chine occidentale, du Népal et du nord de l’Inde », ajoute-t-elle.

NOTE : cette question a récemment fait l’objet d’une polémique parmi les scientifiques (janvier 2010). À cet effet, voir  Polémique concernant la fonte des glaciers de l’Himalaya

Montagnes et géopolitique

9 décembre 2006

« Par géopolitique des montagnes, nous entendons l’approche de rivalités de pouvoirs qui se déroulent dans un cadre géographique très particulier, la montagne, qu’il s’agisse de pacifiques concurrences entre des institutions démocratiques ou au contraire de rebellions et de guérillas et même de guerres entre des États pour le contrôle d’une chaîne de montagnes et de son piémont, comme c’est actuellement le cas au Cachemire, en Tchétchénie, au Népal et aussi dans une grande mesure en Afghanistan », écrit Yves Lacoste dans le numéro 107 de la Revue Hérodote portant sur la géopolitique en montagnes (2002).

Dans cet article, l’auteur tâche d’abord de définir la montagne. Il examine ensuite certaines frontières à travers la notion d’intersections d’ensembles spatiaux appliqués notamment à l’Oural, aux Andes, au Caucase, au Haut Atlas, et montre comment les caractéristiques particulières de ces ensembles ont façonné les rapports de force entre les peuples et leurs institutions.