Le Tibet fait-il historiquement partie de la Chine ?

12 novembre 2009

Le statut historique du Tibet est au cœur d’une dispute qui semble sans fin. D’une part, la Chine affirme que le Tibet est une partie inaliénable de la Chine. Les Tibétains, d’autre part, maintiennent qu’historiquement, le Tibet a été un pays distinct et indépendant. Même si le Dalaï Lama accepte que le Tibet fasse désormais partie de la Chine tout en exigeant une plus grande autonomie culturelle,  la Chine lui reproche  de ne pas reconnaître que le Tibet a toujours été une partie intégrale de la Chine.

Dans une étude publiée par le East-West Center Washington (2004), Elliot Sperling analyse l’évolution des positions chinoises et tibétaines et examine comment les affirmations des deux parties sur le statut historique du Tibet résistent ou pas à l’examen des faits tels que corroborés par les écrits historiques rédigés en Chinois et en Tibétain, lesquels constituent les sources primaires d’information sur cette question.

Sperling affirme que certaines des affirmations tibétaines sur l’indépendance historique du Tibet ne sont pas complètement supportées par l’histoire. Tel serait le cas de la prétention des Tibétains relative à l’appartenance de certaines régions orientales du plateau tibétain au Tibet central sous la juridiction de Lhassa. Au cours de l’histoire, ces régions auraient fait l’objet d’arrangements informels, non articulés dans les ententes officielles, entre les puissances régionales chinoises et le Gouvernement de Lhassa.

De la même manière, nous dit Sperling, la prétention de la Chine à l’effet que le Tibet est une partie  intégrale de la Chine depuis le XIIIe siècle, s’avère  un argument qui a pris racine au XXe siècle. Les écrivains chinois décrivaient la place du Tibet dans la Chine impériale comme celle d’un État vassal, non pas comme une partie intégrale de la Chine. D’ailleurs, la traduction de l’original tibétain du traité tibéto-mongol de 1913, découvert en 2006, affirmerait conjointement l’indépendance du Tibet et de la Mongolie.

Par ailleurs,  d’autres arguments utilisés soit par les Chinois, soit par les Tibétains, sont également analysés par l’auteur, notamment le mode de désignation des réincarnations et la relation guide spirituel-protecteur ayant caractérisé les relations entre certains dalaï lamas et les dynasties ayant gouverné la Chine.

The Tibet-China Conflict: History and Polemics

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